Les conditions de représentation au XVIIe siècle

article publié par Alex Barrière le 3 octobre 2004 (modifié le 3 octobre 2004 et consulté 37038 fois).

L’architecture des théâtres n’était pas la même avant le règne de Louis XIV et après : en effet, elle est renouvelée au XVIIe siècle selon un modèle italien. Les salles parisiennes sont réaménagées, et de nouveaux théâtres fixes sont construits (les troupes ambulantes étaient effectivement très nombreuses). Par exemple, le cardinal de Richelieu a fait construire ce que l’on considère comme le plus beau théâtre de Paris dans son Palais-Cardinal (édifice qui prendra plus tard le nom de Palais Royal).

Ces salles sont dites « à l’italienne » et se caractérisent par une scène de forme cubique, haute et profonde, qu’un rideau sépare de la salle. De multiples jeux de scène spectaculaires, comme l’apparition et la disparition de personnages, sont possibles grâce aux machines (système de trappes, de coulisses et de poulies).

Ces salles étant fermées, l’éclairage est bien sûr artificiel : il se fait à la chandelle. Le découpage des pièces en actes et la fréquence des entractes qui ont lieu toutes les demi-heures environ permet de moucher régulièrement les mèches afin que la fumée de rende pas l’atmosphère irrespirable et de remplacer les chandelles consumées.

La répartition des spectateurs, qui sont placés face à la scène, est établie selon le rang social : le « peuple » reste debout au parterre, les nobles et le public aisé occupent les loges et les galeries qui offrent une meilleure visibilité. À partir de la représentation du Cid en 1637, quelques nobles vont jusqu’à s’installer sur des bancs placés sur les côtés de la scène. Le public est toujours animé et agité, et il n’hésite jamais à manifester ses émotions, son enthousiasme ou son mécontentement de manière bruyante.

À l’époque, la profession de metteur en scène n’existe pas, et c’est à l’auteur ou à un acteur d’assurer la direction des comédiens : Molière dirige sa troupe, tout en tenant un rôle dans la pièce représentée. Les décors ne sont jamais trop complexes ou chargés, il s’agit de grandes toiles peintes ainsi que de quelques accessoires. Les comédiens jouent toujours en costumes du XVIIe siècle et suivent la mode et les manières de la Cour, quelle que soit la période où l’action se déroule.

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