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Le docteur Finache

article publié par Simon le 10 janvier 2007 (modifié le 10 janvier 2007 et consulté 559 fois).

Pour reprendre où je m’étais arrêté, je commence par le nom du personnage, duquel je peux tirer plus de conclusions, maintenant que j’ai une meilleure idée du caractère de celui-ci. On entend à la seconde syllabe de "Finache" le nom d’un ustensile forestier. Il est donc possible que notre docteur ait jadis abandonné une vocation pour la sylviculture, mais qu’il songe toujours à l’abattement d’un arbre quand il parle
d’« expédier » ses malades. En tous les cas, il ne fait pas dans la médecine douce. Toutefois, sa carrière semble assez réussie pour avérer sa compétence dans le métier. En effet, le nom comporte une première syllabe qui tient le rôle d’épithète, et nous rappelle que si cette hache exerce une fonction simple (faire « ouriner » les gens dans un bocal), elle n’en est pas moins affûtée. En plus d’occuper une position élevée dans sa compagnie, le docteur Finache nous prouve par quelques commentaires pertinents qu’il n’est pas tout à fait abruti ; ses remarques sardoniques sur les maniérismes d’Etienne font penser à la lucidité de l’oncle Robert dans La Poudre aux yeux de Labiche. Le docteur Finache se définit donc par une opposition. D’un côté, il est le mâle rustique qui aime faire la noce sans trop se soucier des codes de conduite, d’un autre côté, il est l’anti-conformiste qui par son discernement rejette les conventions bourgeoises. Un peu plus réfléchi, il aurait été anarchiste ; un peu moins, bûcheron. Une hache doit être acérée, mais elle n’est pas un outil de précision, tout comme un docteur doit être rigoureux, sans nécessairement être raffiné. Il tient donc à la fois du Bovary et du Homais. Je le conçois défenseur les idéaux de Fourrier (au XIXe siècle seulement ; de nos jours, la révolution sexuelle accomplie, il partagerait plutôt les convictions -et la personnalité- de Bové).

Mise à jour : Contrairement à ce que j’avais dit, l’emploi de Tournel est précisé dans la pièce. Il est coursier de la Boston Life Company, profession probablement peu rémunérée. Il bénéficie cependant d’un rapport d’amitié avec son patron, ce qui suppose que les deux sont de rangs sociaux semblables. Son travail est sans doute secondaire ; un certain héritage lui aura procuré une rente confortable et un souple mode de vie, d’où sa frivolité.

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