Accueil > L’atea > L’atelier > End of the Road

End of the Road

Histoire d’un bout de chemin avec l’ATEA

article publié par Aurélien le 22 mai 2007 (modifié le 22 mai 2007 et consulté 535 fois).

Tout commence en l’an de grâce 2004. Après avoir vu et admiré le travail de l’ATEA dans Les Jumeaux Venitiens, je décide de passer de l’autre coté du rideau, de retrouver les quelques souvenirs de théâtre qu’il me reste de mon enfance ; de ces petites pièces montées en fin d’année, pour le plus grand plaisir des parents d’élèves, sous la direction sévère mais juste de Pierre Lamy. Je l’ignorais encore, mais j’allais entrer dans un univers qui allait me changer pour toujours : celui du théâtre de compagnie.

Parce que c’est ce que représente l’ATEA pour moi : une compagnie. Une entité sociale bien difficile à définir entre le rassemblement de personnes, la secte, ou une seconde famille. Et qu’est-ce qui l’a rendue si spéciale pour moi, et pour tous ceux qui en ont fait parti, cette compagnie ? Les compagnons.
Ceux qui, au commencement, ne connaissent rien les uns des autres et qui, après avoir porté pendant presque un an un projet commun, se sentent liés par une relation particulière, indéfinissable. Les compagnons de route.

Pendant 3 années successives, quelqu’un nous a montré un chemin, alors nous l’avons emprunté. Nous avons observé la montagne qui se dressait devant nous : Molière, puis Shakespeare, et enfin Feydeau. Et nous avons commencé à avancer : à tatons d’abord, ne sachant pas trop où poser les pieds ; puis, chacun prend sa place dans le groupe et la marche se fait plus plus facilement, le pas s’accélère et on sent enfin que l’ascencion commence. Chacun à son rythme, mais toujours en groupe, n’ayant d’autre perspective dans son champ de vision que le dos de son partenaire, qui marche devant nous et, au dessus de nos têtes, le sommet de la montagne qui nous montre la voie et nous donne la force d’avancer.

Parfois viennent les tempêtes, alors on trébuche, certains tombent, le groupe s’arrête. Et puis les mains se tendent, les mots du chef de file nous redonne la courage d’avancer. Alors on se reléve, soulevé par les autres compagnons et on reprend la route.
Finalement, on sort des chemins tortueux de l’ascencion et on atteind le sommet. La lumière éclaire nos visages, tout semble enfin d’une beauté simple et limpide. On regarde derrière soi et on a du mal à réaliser le chemin déjà parcouru. Enfin on se tourne vers le gouffre qui se trouve devant nous. Tous les compagnons se prennent alors la main, s’échangent quelques derniers regards et se jettent ensemble dans le vide.

Miracle : on vole

Voilà donc 3 ans que je vole en compagnie de l’ATEA et il est malheureusement pour moi le temps de redescendre (un peu) sur terre. C’est avec une grande tristesse que je quitte l’atelier mais c’est aussi avec un beau paquet de souvenirs et d’expériences.

Enfin, je voulais dire un grand merci à tous ceux qui ont participé à l’aventure ATEA pendant ces 3 ans : les comédiens avec qui j’ai pu jouer, de près ou de loin, mais aussi ceux qui ont conçu ou aidé à faire les décors, les costumes, les maquillages, la régie et également les musiciens. Et puis surtout bravo à Brice pour nous avoir si justement dirigé (et supporté) pendant toutes ces longues heures de répétition...

Patchwork

Bonne route à tous ceux qui continueront de cheminer avec l’Atelier dans les prochaines années, je leur souhaite que l’ATEA leur apporte autant de bonheur (si ce n’est plus) qu’il m’en a apporté.

L’an prochain je me mets à la mise en scène à Lille alors attention Brice, on t’aura prévenu suffisamment à l’avance avec Vincent pour le Coup d’État.

COMMENTAIRES
comments powered by Disqus

Partager