Biographie de Molière

article publié par Alex Barrière le 9 octobre 2004 (modifié le 23 août 2009 et consulté 10513 fois).

Jean-Baptiste Poquelin naît à Paris le 15 janvier 1622 dans une famille bourgeoise : son père, Jean Poquelin, est valet de chambre et tapissier de la cour de Louis XIV. Dès son enfance il s’intéresse au théâtre, notamment à la commedia dell’arte. Après d’excellentes études au Collège de Clermont (qui sera plus tard rebaptisé Lycée Louis-le-Grand), il décide de renoncer à la vie de luxe que lui garantit pourtant l’héritage de son père, et s’associe avec neuf comédiens, avec lesquels il fonde la troupe de l’Illustre Théâtre. C’est alors qu’il prend le pseudonyme de Molière.

La troupe rencontre d’abord un vif succès, mais est confrontée à un problème universel : décidant de changer de lieu de représentation, elle fait des frais, dépense trop... Et son succès ne suffira par à rembourser les dettes... Elle se fait donc ambulante et se déplace dans les provinces de 1646 à 1658, à la manière de nombreuses troupes de cette époque. Molière écrit de nombreuses farces dont il dirige la mise en scène et dans lesquelles il joue, et sa renommée s’étend jusqu’à Paris. Ainsi, le frère du roi, Monsieur, le prend sous sa protection, et la troupe paraît devant la Cour le 24 octobre 16258. Les comédiens s’installent ainsi au Théâtre du Petit Bourbon, qu’ils partagent avec la troupe italienne dirigée par Scaramouche (Tiberio Fiorelli). C’est là que Molière connaît son premier véritable succès avec Les Précieuses ridicules, en 1659.

Molière s’attire les faveurs de Louis XIV et sa troupe s’installe dans le Théâtre du Palais-Royal. Il écrit à présent des pièces sur mesure pour sa troupe, avec laquelle il joue bien sûr toujours, et dénonce de cette manière un certain nombre de défauts de son époque (citons, entre autres, Le Médecin malgré lui en 1666, George Dandin en 1668, Le Bourgeois Gentilhomme en 1670, Le Malade imaginaire en 1673...)

Il épouse, en 1662, Armande Béjart, la sœur de Madeleine Béjart, l’un des comédiens de l’Illustre Théâtre, et celle-ci est sa cadette de vingt-ans. Molière devient alors le fournisseur des divertissements de la Cour pour laquelle il organise de grandes fêtes avec le compositeur royal Lully. De cette collaboration naît le genre de la comédie-ballet. En 1665, la troupe de Molière devient la « Troupe du Roy ». Mais il aura néanmoins quelques difficultés avec certaines de ses pièces.

Par exemple, en 1664, alors que les dévots, groupés autour de la Compagnie du Saint-Sacrement, s’indignent de la vie privée de Louis XIV (alors amant de Mlle de La Vallière), Molière rédige Tartuffe ou l’Imposteur comédie critiquant ouvertement les faux dévots. Ainsi commence la terrible « affaire de Tartuffe », bien plus difficile à surmonter pour l’auteur que la « querelle de L’École des femmes » à laquelle il avait fait face deux ans auparavant. On retrouve la continuité de semblables sujets dans Dom Juan, pièce après laquelle Molière cessera défintivement de s’attaquer au grandes puissances : c’est le commencement de son déclin.

Les dernières années de sa vie sont marquées par les déceptions domestiques, la maladie et la fatigue due à son incessant travail et aux luttes contre ses ennemis. Il meurt à l’issue de la quatrième représentation du Malade imaginaire, le 17 février 1673. L’Église, qui refuse la sépulture religieuse aux comédiens, s’oppose tout d’abord à son inhumation, qui aura tout de même lieu grâce à une intervention de son épouse auprès du Roi.

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